Assemblée générale de l’Association

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Le plus pur des hasards m’a fait passé l’après-midi du samedi au Point Ephémère au 200 quai de Valmy, pour l’assemblée générale de l’Association (maison d’édition de BD alternatives, éditeur de Persepolis). Expos de quatre artistes dont Mazen Kerbage (très bel album Beyrouth Juillet Août 2006) et une auteure de BD belge attachante (Dominique Goblet), dont l’album autobiographique (Faire semblant fait mentir), sorte de Persepolis belge, est très beau. L’occasion de découvrir la musique Free Jazz improvisée de Mazen qui fait des choses très drôles en soufflant et crachant dans un tuyau relié à une trompette.

Chaïm Soutine à la Pinacothèque de Paris

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J’aime les expos biographiques, celles dans lesquelles une vie se déroule en tableaux. Inquiétant personnage que Soutine, maladif, dépressif, auto-dépréciatif. C’est son âme troublée qu’il éclate sur ses toiles, comme si ses entrailles se transformaient en couleurs et en huileuse peinture. Comme ces bœufs écorchés de Rembrandt, ces personnages mi-clownesques, mi-débiles. Evolution et dialogues. Ce sont les maîtres mots de tout parcours pictural. Evolution de l’œuvre en accord ou en désaccord avec la vie, mutation des styles, de l’être pictural, de l’âme. Laissez-vous surprendre par une brutale violence (une vraie explosion) après une série de portraits de personnages paumés modigliainiens. Dialogue avec les autres peintres du passé mais aussi du futur, ceux comme Bacon, dont des traces prémonitoires troublent la folie ordinaire de ce peintre givré et abyssal.

Les Témoins de Téchiné

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Sublime film de Téchiné. Peut-être son meilleur. Bouleversant. Le film court, s’essouffle comme l’air des Noces de Figaro qui l’ouvre et le clôt. Les acteurs sont exceptionnels. Ils réussissent à surpasser leur condition d’acteur, la facticité inhérente à leur condition comédienne (choc traumatique bressonien qui me rend ultra-sensible à cette facticité). La voix off d’Emmanuelle Béart court elle aussi, sur fond de musique comme dans un Truffaut. Histoire tragique de vie et de mort, tous deux d’une incroyable intensité. Rencontre fusionnelle du sexe et de la douleur, de l’été et de l’hiver. Suractivité de tout, créatrice, fornicatrice, combattive, maladive. Le film est une éruption ininterrompue d’affects multiformes, d’émotions primaires. Il met en scène un combat, l’amour y est filmé comme une guerre, on entend au loin d’inquiétants sifflements de trains mortuaires, des déflagrations sourdes. Michel Blanc en médecin avance comme un commandant de troupes. La superbe musique de Sarde emporte le tout, le rend lyrique, mélancolique, poétique comme cette lune artificielle sur la scène d’un opéra, éclairant une cantatrice perdue, hagarde, à la recherche d’un sens à tout cela.