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Election 1 et 2 sont des films d’action avec un arrière-plan politique sophistiqué : luttes de pouvoir au sein des triades de Hong-Kong, relations avec la Chine après la cession de l’île par le Royaume-Uni, rôle ambigu des autorités par rapport au système mafieux en place… Le film d’action a la particularité d’exclure les armes à feu. Les nombreux meurtres sont ainsi commis en utilisant des moyens à la fois ingénieux, saugrenus et terrifiants. L’absence d’armes à feu peut paraître un peu vaine, mais il s’agit en réalité d’un parti-pris stylistique qui enveloppe le film dans une ambiance de sérénité contrastant avec la violence des personnages et de leurs actes. La scène de meurtre à la fin du premier épisode est révélatrice de cette violence sourde, Lok assassinant à coups de pierre son rival dont justement les vociférations faisaient fausse note dans l’ambiance générale feutrée. Les scènes sont filmées tôt le matin ou tard la nuit alors que la ville qu’on imagine grouillante en journée est plongée dans un état abstrait de léthargie. L’esthétique des images fait écho à cette esthétique d’atmosphère. La beauté des plans résulte de la disposition des personnages : par rapport aux paysages majestueux, les uns par rapport aux autres (alignement, présence à des profondeurs différentes de champ, formation de géométries corporelles inédites…), et par rapport à la caméra qui se met à des distances différentes filmant une même scène de près, de loin et suivant différents angles. Les scènes de violence sont extrêmement fortes, des jaillissements qui pourtant ne rompent avec pas la sérénité du film. La caméra ne s’emballe pas, poursuivant ses amples et langoureux mouvements. La violence est tout entière condensée dans les mouvements eux-mêmes, leur extrême et tranchante rapidité.