Je suis fan du Palais de Tokyo et en général bon
public des installations qui y sont exposées. Mais je dois reconnaître que
celle de Philippe Parreno n’est pas terrible. Je ne suis pas de ceux pour qui
les installations d’art moderne n’ont aucun intérêt, au contraire. Elles
permettent d’expérimenter des langages, d’investir un espace, d’en créer de
nouveaux, de faire dialoguer les média et surtout, tout simplement, d’étonner
et d’amuser. J’aime le côté parcellaire, ébauches de décors de cinéma qu’on
monte ou démantèle. Le côté pièce de théâtre sans personnages dont ne
subsistent que des notes de musique égarées. Mais là c’est du n’importe quoi,
une caricature d’art moderne d’une trop grande facilité avec une collection elle-même
chiche des tics d’usage (bruits de néons, chocs contextuels entre éléments
empruntés à des univers opposés, minimalisme, travail sur le vide, etc.). C’est
plat et paresseux. Un signe qui ne trompe pas : les enfants n’aiment pas,
mais alors du tout, surtout, sacrilège, qu’à cause de cette expo la Palais de
Tokyo a dû enlever la piste de skateboard. Une exception : la salle Zinedine
Zidane qui vaut le détour avec une multitude d’écrans montrant une même action
sous différents angles. En revanche, l’exposition Roger Vivier elle est très
belle. A part les mythiques escarpins de Catherine Deneuve dans Belle du jour, l’on y découvre un
artiste de la pompe, créateur de modèles tous plus beaux les uns que les autres.