Otello, de Rossini

Mise en scène sans génie de l’Otello de Rossini, moins connu que celui de Verdi, vaguement inspiré de Shakespeare, mais avec la présence remarquée de Cécilia Bartoli en Desdémone, plus de vingt ans après sa dernière production dans un spectacle lyrique à Paris. Les premières quarante minutes, en son absence, sont d’un ennui mortel, la mise en scène léthargique, le décor laid. Il semblerait que les metteurs en scène aient voulu souligner la dénonciation du racisme en primauté sur le thème de la jalousie mais ils le font avec une naïveté qui frise le ridicule. C’est dans les actes II et III que les choses s’améliorent jusqu’à atteindre l’apothéose de la fin. Beaucoup grâce à Bartoli et malgré des idées de mise en scène par moments saugrenues, dont on ne comprend pas la finalité – choquer ? Il faudrait bien plus que cela –, et un décor plutôt hideux. Mais passons. Est-ce Cécilia Bartoli qui est géniale ou nous, spectateurs, qui cherchons à nous en convaincre pour mettre en cohérence sa prestation avec la légende qui l’accompagne, avec son mythe ? Le fait est que son génie est quasiment physiologique : son chant provoque des frissons, tire des larmes, à notre corps défendant. Autre grande réussite, la direction musicale de Jean-Christophe Spinosi qui transcende le troisième acte. Il sera hué en conséquence.

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