Somewhere de Sofia Coppola (par Coeur)

 

Mon père a été emballé par Somewhere, le dernier film de Sofia Coppola. Il m’en parle sans cesse. Il aime la manière tendre et mélancolique dont le film dépeint la relation père-fille. Il voudrait passer un week-end avec moi, à voir des films, aller à la piscine, au casino, pas à Las Vegas peut-être, en Italie par exemple. Il pourra louer une Ferrari noire chez Hertz ou une 307 décapotable. Comme le soir où nous sommes allés tous les deux à un concert de musique classique, dans une église à Port-Royal. Après le concert, nous avons dîné à la Closerie des Lilas. J’avais dit oui « pour lui faire plaisir » et j’étais épuisée, je m’étais endormie au son du piano, des murmures de confidences et de la pluie qui tombait sur la verrière. Ce sont des petits moments comme ça que le film décrit, insignifiants bien que le sens de la vie réside peut-être en eux. Ce film l’a marqué. Parce que dans le vide qu’il instaure, cette parenthèse vacante, inoccupée, dans la vie d’un acteur, se loge sans qu’il ne s’en rende compte, à la faveur de l’ennui et de l’absence de ce qui nous en divertit, une certaine essence, accidentellement affranchie des contingences, mais comme ça, en toute légèreté.

 

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